Citation en préambule

 
Avez-vous déjà lu ce qu’on appelle de la science-fiction ?
C’est épouvantable. C’est ce genre de chose : 
« Avec K19 j’ai quitté Aldébaran II. En sautant du cockpit de crummalite de mon coupé 22 modèle Sirus, j’avais mis l’injecteur de temps en seconde, et m’enfonçai entre les hautes tiges de manda d’un bleu étincelant. Ma respiration se condensait en volutes roses. J’allumai les dégivreurs, et  les Brylls aussitôt se sont mis à courir sur leurs cinq pattes tandis que les deux autres émettaient des vibrations de crylon. La pression était presque insupportable. J’ai réglé mon ordinateur-bracelet. On distinguait parfaitement les cysicites transparents. J’ai appuyé sur la détente. La mince lueur violette formait comme du givre sur le fond rougeâtre des montagnes. Les Grylls ne mesuraient plus que deux centimètres de long maintenant et j’ai commencé à les écraser avec le poltex. Mais ça ne suffisait pas. Je me suis retourné, ébloui. La quatrième lune venait de se lever. Il me restait exactement quatre secondes pour que le désintégrateur atteigne sa température de fonctionnement. Google m’avait prévenu : ce ne serait pas suffisant. Il ne s’était pas trompé. »
Et il paraît qu’on arrive à vendre des conneries pareilles.

Raymond Chandler.


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