|||| |||| |||| | : Cette Truie Et Moi C'Est Une Vieille Histoire

Cette truie et moi c’est une vieille histoire.

À l’époque, ma mère me trouvait amorphe, entravé que j’étais par des problèmes d’identité résolus sur le tard, par la disparition de mon autre parent pas encore imputée à la Verte et par son ingérence dans tous les domaines de ma vie. Tare d’éducatrice, qualité de représentante du peuple. Je ne lui jetterais pas la pierre si elle acceptait de m’appeler par mon prénom.

Au lieu de me laisser la période de calme que je lui réclamais, elle m’avait inscrit sans m’en parler dans un programme de formation en biotechnique, arguant que si je n’aimais pas, tant pis, et que si j’aimais, j’aurais trouvé ma vocation.

Bien entendu, je haïs le paquet entier : locaux, cours, professeurs, et étudiante tutrice. Cela dit ne confondons pas tout : il existait de vraies raisons objectives de conspuer Bhdra, de son sourire hypocrite à ses cheveux peints, de sa façon d’arrondir les voyelles à son absence d’humour, de ses airs de victime ahuris à ses plaintes ridicules devant l’administration de l’école pour harcèlement moral.

Quand je l’appelle :

— Eh, vieille truie !

C’est certes de la haine, mais elle a l’habitude.

Bhdra se pétrifia si vite qu’Isir lui proposa du myorelaxant. Puis elle serra les poings et s’effaça dans la couleur. Je la talonnai.

Elle se déplaça n’importe comment, changeant d’angle, de numéro d’index et de plage au hasard ; je me contentai de la suivre, de plus en plus agacé. Son cri de frustration éclata en échos anarchiques à travers le Mille-feuilles. Quand je pus enfin agripper son poignet et l’obliger à rester synchronisée avec moi, elle éclata en sanglots.

— Je ne veux pas te voir ! Je ne veux pas de toi dans ma vie ! Laisse-moi ! LAISSE-MOI !

— Mais c’est pas toi qui décide cocotte.

Elle eut ce moment de flottement si familier, puis son regard durcit. Zû dit :

— Tu l’as entendue ?

Je ne lâchai pas.

— J’ai besoin d’Omi.

Encore une baisse de tension. L’expression sur son visage devint inconnue. J’en fus déconcerté au point de ne pas lire le mouvement de son corps et de ne pas esquiver le poing qu’elle m’envoya à la face.

Omi m’empêcha de tomber par terre et m’attrapa par le col.

— Ça suffit maintenant. Je ne joue plus. Je te supporte, Valer, dans l’espoir que, peut-être, par considération pour moi, tu vas enfin lâcher la grappe à Bhdra. Mais c’est trop t’en demander, n’est-ce pas ? Je continue d’espérer que tu changeras, que tu te réveilleras un coup et que tu comprendras. Je désespère, mec.

— Mais… on est amis ?

— On n’est pas amis, on n’est pas amants, on est à peine collègues, je te tolère parce que je n’ai pas le choix, et ça commence à me faire perdre plus d’énergie que je n’en ai.

__ C’est un retournement de situation mais, en même temps, ce n’est pas une surprise. __

Oh, qu’elle se tût.

C’était le moment de rattraper la situation. Je devais trouver ce qu’elle voulait entendre et reprendre les choses en main.

— Omi, même si tu ne m’apprécies pas, moi je t’aime bien. Si tu veux qu’on arrête de collaborer, je respecterai ta décision. Mais j’ai besoin d’aide, cette saloperie à mon oreille efface ma mémoire, Kib m’a trahi – KIB quoi, je comprends même pas qu’un ponte l’ait embauchæ, j’ai à peine une piste… Je t’en prie. Juste cette fois. Juste maintenant.

— Oh, ta gueule. File les papiers.

Au numéro kdgr de la plage flave, angle dynamique, nous nous assîmes et travaillâmes. Nous parvînmes à compiler une petite liste de coordonnées de laboratoires, que nous décidâmes d’épuiser.



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